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Moldavie : 19 projets stratégiques pour accélérer la modernisation du pays

La Moldavie dévoile 19 projets stratégiques pour moderniser ses infrastructures et son économie, ouvrant de nouvelles perspectives d'investissement.
Le gouvernement moldave a présenté, le 29 octobre 2026, un portefeuille de 19 projets d'investissement prioritaires dans les infrastructures, l'énergie, l'agriculture, l'éducation, l'innovation et la santé. Soutenus notamment par le Plan de croissance de l'Union européenne pour la Moldavie, ces investissements ouvrent de nouvelles perspectives aux entreprises et aux investisseurs internationaux, notamment français.
Une nouvelle étape dans la modernisation de l'économie moldave
À l'occasion de la conférence « Construim Moldova » (« Construisons la Moldavie »), organisée le 29 octobre 2026, le gouvernement a présenté les principaux projets destinés à accompagner la transformation économique du pays au cours des prochaines années.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du Plan de croissance de l'Union européenne pour la Moldavie, doté de 1,9 milliard d'euros, auquel s'ajoutent les interventions des institutions financières internationales et les ressources mobilisées par les autorités moldaves.
Selon les données présentées par le gouvernement, 425 projets ont déjà été engagés ou réalisés, dont 177 achevés. Parmi ces opérations, 374 concernent des investissements au niveau local.
Les 19 projets stratégiques se trouvent à différents stades de préparation et de mise en œuvre. Certains disposent de financements identifiés et de calendriers avancés, tandis que d'autres sont encore au stade des études techniques et de faisabilité.
Afin d'accélérer leur réalisation, le gouvernement a approuvé, le 30 septembre 2026, la création de Moldova Project, une structure spécialisée destinée à regrouper plusieurs unités de gestion de projets et à mutualiser les compétences techniques, financières et juridiques nécessaires à la conduite des grands investissements publics.
Les infrastructures de transport au cœur des priorités
Les investissements les plus importants concernent les infrastructures routières, aéroportuaires et les réseaux d'approvisionnement en eau.
L'autoroute Ungheni–Chisinau constitue l'un des projets structurants du programme. Cette future liaison à quatre voies, représentant un investissement estimé à 300 millions d'euros, doit assurer la continuité de l'autoroute roumaine A8 et améliorer les connexions entre la Moldavie et les réseaux européens de transport.
Le projet porte sur environ 125 kilomètres, comprenant la construction de 25 kilomètres de nouvelle infrastructure entre Ungheni et Radeni et la modernisation d'environ 100 kilomètres de voies existantes jusqu'à Chisinau.
Selon le calendrier présenté, les travaux devraient débuter en 2028, avec un objectif d'achèvement au troisième trimestre 2031.
Le contournement routier de Chisinau représente également un investissement majeur, estimé à 576 millions d'euros.
Le projet prévoit la réalisation d'une infrastructure d'environ 47 kilomètres à quatre voies, destinée à fluidifier le trafic autour de la capitale et à faciliter les échanges entre les différentes régions du pays.
Plusieurs sections se trouvent à des stades avancés de préparation, notamment le secteur Ialoveni–Sculeanca, long de 8,8 kilomètres. L'achèvement du programme est envisagé en 2032.
Parallèlement, le gouvernement prévoit :
- La modernisation des routes R7 et M3 : un investissement estimé à 232 millions d'euros, portant sur plusieurs tronçons routiers. Les travaux devraient débuter progressivement à partir de 2027, avec un objectif d'achèvement en 2032.
- L'extension de l'aéroport international de Chisinau : un investissement annoncé de 500 millions d'euros, comprenant notamment la construction d'un nouveau terminal et d'une nouvelle piste afin d'accompagner la croissance du trafic aérien et le développement du fret.
- L'extension et la modernisation des réseaux régionaux d'eau potable : un investissement estimé à 229 millions d'euros, avec près de 700 kilomètres de conduites principales et des infrastructures associées, destinées à améliorer l'accès à l'eau potable pour quelque 700 000 habitants.
Ces programmes devraient générer des besoins importants en études techniques, ingénierie, maîtrise d'œuvre, équipements et travaux de construction.
Énergie : modernisation des réseaux et amélioration de l'efficacité énergétique
Le gouvernement a également présenté plusieurs projets énergétiques destinés à renforcer la sécurité d'approvisionnement, à réduire les pertes et à améliorer l'efficacité des infrastructures.
Parmi les principales opérations figure la modernisation du chauffage urbain de Chisinau, pour un investissement annoncé de 53,3 millions d'euros.
Le programme prévoit notamment le remplacement de 24,3 kilomètres de canalisations, l'installation de 12 unités de production thermique décentralisées et le développement de capacités de stockage de chaleur.
Les autorités estiment que ces investissements pourraient permettre des économies annuelles d'environ 4,5 millions de mètres cubes de gaz naturel.
La modernisation du réseau national de transport d'électricité constitue un autre chantier prioritaire, avec une enveloppe annoncée de 71,5 millions d'euros consacrée au remplacement de transformateurs, à la réhabilitation de lignes électriques et à l'amélioration des systèmes de pilotage.
Le développement d'une nouvelle interconnexion électrique entre Balti et Dnestrovsk, estimée à 40 millions d'euros, doit également renforcer les capacités d'échanges énergétiques avec l'Ukraine. Cette ligne de 330 kV devrait s'étendre sur environ 90 kilomètres.
Enfin, un programme de rénovation énergétique concernant 1 400 logements et 40 bâtiments publics vise à réduire la consommation d'énergie et à améliorer les performances du parc immobilier.
Ces investissements présentent un intérêt particulier pour les entreprises spécialisées dans les réseaux énergétiques, les équipements thermiques, l'efficacité énergétique et les solutions de gestion intelligente des infrastructures.
Agriculture : irrigation, transformation et création de valeur ajoutée
La modernisation du secteur agricole constitue une autre priorité du programme gouvernemental.
Livada Moldovei II, soutenu par la Banque européenne d'investissement (BEI), bénéficie d'un prêt de 150 millions d'euros, dont le contrat de financement a été ratifié par le Parlement moldave en juillet 2026.
Ce financement devrait permettre de mobiliser, avec les contributions des bénéficiaires, plus de 300 millions d'euros d'investissements, au profit d'environ 750 projets.
Le programme vise notamment le développement des capacités de transformation, de conditionnement, de stockage et de commercialisation des productions agricoles, ainsi que la modernisation des exploitations et la numérisation du secteur.
Un autre programme, estimé à 63,2 millions d'euros, concerne la réhabilitation des systèmes d'irrigation de Causeni et Puhacenii de Sus, couvrant environ 6 900 hectares.
Mis en œuvre avec le soutien de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), il devrait bénéficier à environ 300 exploitants agricoles.
Les premières opérations techniques sont prévues en 2027, avant le lancement des travaux de réhabilitation en 2028.
Le gouvernement a également présenté IFAD 9, un programme de soutien aux petites exploitations agricoles doté de plus de 43 millions de dollars, dont le lancement est prévu en 2027.
Ces initiatives visent à améliorer la productivité agricole, à réduire les pertes et à renforcer la valeur ajoutée des productions locales.
Elles pourraient offrir des perspectives aux entreprises françaises spécialisées dans les équipements agricoles, l'irrigation, l'agro-industrie et les technologies de transformation alimentaire.
Éducation, innovation et nouvelles technologies
Le gouvernement entend également renforcer les capacités de formation, de recherche et d'innovation du pays.
Trois programmes, représentant ensemble 210 millions d'euros, concernent la rénovation des établissements scolaires, universitaires et de formation professionnelle :
- 50 millions d'euros pour la modernisation de 20 établissements scolaires, au bénéfice d'environ 40 000 élèves.
- 80 millions d'euros pour la modernisation des infrastructures universitaires et de recherche, concernant six établissements d'enseignement supérieur.
- 80 millions d'euros pour la modernisation de l'enseignement professionnel et technique.
Ce dernier programme prévoit notamment la rénovation de 24 bâtiments d'enseignement et de 23 résidences étudiantes, au bénéfice d'environ 21 000 élèves, enseignants et personnels de 25 établissements.
Les premières procédures d'appel d'offres sont prévues en 2027, avant le lancement des travaux en 2028.
Dans l'enseignement supérieur, les investissements devraient également permettre le développement de nouvelles infrastructures de recherche et de formation, notamment :
- Un Agrotech Hub sur le campus de Mircesti de l'Université technique de Moldavie (UTM).
- Un centre de simulation médicale à l'Université d'État de médecine et de pharmacie.
- Un bâtiment commun UTM–USMF consacré à la bioingénierie.
À ces programmes s'ajoute le projet de HiTech Park de Stauceni, représentant un investissement annoncé de 77 millions d'euros.
Ce futur campus technologique, développé sur une superficie d'environ 50 hectares, devrait accueillir des bureaux, des laboratoires et des infrastructures destinées aux entreprises innovantes, notamment dans les domaines des technologies de l'information, de la microélectronique, de la bioingénierie et des technologies médicales.
Le projet prévoit la création de 3 200 emplois qualifiés dans une première phase et ambitionne, à terme, d'accueillir plus de 300 entreprises et 15 000 spécialistes.
Santé : de nouveaux investissements hospitaliers
Le secteur de la santé figure également parmi les priorités gouvernementales.
La construction de l'hôpital régional de Balti, représentant un investissement prévu de 117 millions d'euros, constitue l'un des principaux projets annoncés.
Cet établissement, destiné à desservir environ 630 000 habitants du nord du pays, devrait disposer de 200 à 230 lits et développer plusieurs spécialités médicales, notamment en oncologie, cardiologie interventionnelle et neurochirurgie.
Selon le calendrier communiqué par le ministère de la Santé, sa construction est envisagée sur la période 2029–2032.
Le projet bénéficie du soutien de l'Union européenne et de la Banque de développement du Conseil de l'Europe. Une procédure de marché a été engagée pour l'actualisation de l'étude de faisabilité et la préparation de la conception de l'établissement.
Un programme de 53,5 millions d'euros est également prévu pour la modernisation des services de santé ruraux et leur numérisation.
Il comprend notamment la rénovation et l'équipement de dix centres de santé ruraux, le développement de la télémédecine et l'amélioration de l'interconnexion des systèmes d'information médicale.
Enfin, les autorités envisagent la création d'un centre national de gestion des déchets spéciaux, pour un investissement annoncé de 58,3 millions d'euros.
Ce projet prévoit la mise en place d'infrastructures de collecte et de traitement des déchets dangereux et spéciaux.
Des perspectives pour les entreprises françaises
La mise en œuvre de ces programmes d'investissement devrait générer, au cours des prochaines années, de nombreuses opportunités pour les entreprises internationales, notamment dans les domaines de l'ingénierie, des infrastructures de transport, de l'eau, de l'énergie, de l'agro-industrie, de la santé et des technologies innovantes.
Les entreprises françaises disposent dans ces secteurs d'une expertise reconnue et de références internationales susceptibles de répondre aux besoins de modernisation de l'économie moldave.
Soutenus par l'Union européenne et plusieurs institutions financières internationales, ces projets constituent également une occasion de renforcer les partenariats industriels, technologiques et commerciaux entre la France et la République de Moldavie.
Les opportunités de marché dépendront toutefois du calendrier de préparation des projets, de la mobilisation effective des financements et des procédures de passation des marchés applicables à chaque opération.
La Chambre de Commerce et d'Industrie France-Moldavie (CCIFM) suivra attentivement l'évolution de ces programmes, notamment les procédures de consultation et les appels d'offres qui en découleront, afin d'informer ses membres et de faciliter leur positionnement sur les opportunités de marché.
Les montants mentionnés correspondent aux estimations d'investissement annoncées par les autorités moldaves. Ils sont susceptibles d'évoluer en fonction de l'avancement des études, des procédures de marché et de la mobilisation des financements.